Collections du musée

L'Histoire du Musée

Richard ANACREON, le donateur

Né en 1907 dans la Haute Ville, au 32, rue Saint-Jean, Richard Anacréon était un personnage étonnant qui marqua tous ceux qui eurent l’occasion de le fréquenter. Il n’a jamais laissé indifférent ni les amis artistes, ni les granvillais. Très jeune, Anacréon recherche son indépendance ; il quitte Granville pour tenter sa chance à Paris à l’âge de 17 ans. Un tournant important a lieu en 1925 lorsqu’il rentre par hasard dans l’administration du Petit Parisien, théoriquement pour un remplacement de trois mois.

Il y restera de nombreuses années, côtoyant les écrivains et poètes de l’époque, qui y publiaient leurs écrits en feuilletons dans la presse.
En 1940, la vocation du Journal vient à changer avec l’occupation allemande. C’est alors que Valéry et Colette, devenus ses amis, lui conseillent de lancer sa propre entreprise. Il ouvre une librairie baptisée « l’Originale » en plein quartier Latin, au 22 rue de Seine et se spécialise dans la vente d'ouvrages en édition originale. Durant la guerre, mais aussi par la suite, « l’Originale » est un lieu de passage, où de nombreux artistes aiment à s’arrêter. Son renom est en outre facilité par le triple parrainage de Valéry, Colette et Farrère. Anacréon est l’ami de tous, et sa boutique est de plus en plus animée et fréquentée : Jouhandeau, Fargue, Utrillo, Derain, deviennent des visiteurs réguliers, auxquels s’ajouteront par la suite Cendrars et son éditeur Grasset. Le cercle s’agrandit avec Claudel, Carco, Reverdy, Genet, et Mac Orlan, pour ne citer qu’eux. Tous appréciaient le bagout et les mots d’esprit du libraire.


Une collection unique autour de Colette et de Cocteau


Les livres sont des éditions rares et les grands noms sont nombreux : Apollinaire, Barbey d’Aurevilly, Cendrars, Cocteau, Claudel, Colette, Farrère, Duhamel, Genet, Jouhandeau, Loti, Mac Orlan, Montherlant, Suarès, Valéry. Mais plus rares encore sont les truffes que cachent les trois quarts d’entre eux : sous les reliures somptueuses, l’étrange libraire passa des dizaines d’années à obtenir envois et dédicaces, à glisser dessins, courriers, extraits de manuscrits relatifs au livre-réceptacle. Jusqu’à cette Fin de Chéri dans laquelle Colette écrivit de sa main les 32 pages d’un chapitre oublié par l’éditeur !

Dans les années 1980, Anacréon fait don à sa ville natale de sa collection composée d'environ 280 œuvres d’art et de 550 éditions truffées, constituant un ensemble sans équivalent. D'illustres artistes du début du XXème siècle figurent dans cette collection : Derain, Van Dongen, Vlaminck, Utrillo, Laurencin, Signac, Friesz, Cross, Luce.


Un prêt exceptionnel du Musée National d'Art Moderne
Le musée d'art moderne Richard Anacréon, aménagé dans les bâtiments de l’ancienne école Paul Bert, présente régulièrement des expositions temporaires. Afin d'enrichir le fonds, le musée a obtenu le dépôt en 2002 de plusieurs toiles d’artistes éminents appartenant au Musée National d'Art Moderne parmi lesquelles : La coupe bleue (vers 1930) de Charles Camoin, Nature morte au verre de vin (1929) d’Othon Friesz, Nu assis (vers 1923-1925) de Charles Dufresne, Le violoniste en rouge (avant 1939) de Gen Paul,  Le vagabond (1939) de Marcel Gromaire, Femme à sa toilette (1942) d’André Lhote, Portrait d’Hermine David (1918) de Jules Pascin, Utrillo (1910) d'André Utter, ou encore Couple (1920) de Kees Van Dongen.

Prochain rendez-vous

Visites commentées de l’exposition Jeux de construction. Jacques Faujour. Photographies
Vendredis 4, 11, 18, 25 août à 11h
Dimanche 24 septembre 16h
Tarif : 5€, gratuit pour les porteurs du Pass annuel. Renseignements au 02 33 51 02 94
Visite assurée sous réserve de 5 personnes présentes